Les trouvailles du mois
LE VIN A METTRE EN CAVE
Carillon de l'Angélus 90

Cuisine et vins de France

Hubert de Boüard de Laforest et son cousin Jean-Bernard Grenié ont fait un super saint-émilion de leur propriété familiale, le Château l'Angélus. Actuellement "saint-émilion grand cru classe", il est si bien fait depuis une dizaine d'année que, lors de la prochaine refonte décennale de la classification de Saint-Emilion, en 1996, il a de bonne chances d'être promu parmi la douzaine des "premiers grands crus classés".

Les 25 hectares du vignoble sont à un kilomètre de la cité de Saint-Emilion sur les "pieds de côte" du coteau sud qui donne un ensoleillement exceptionnel. Dans sa partie haute, le sol est argilo-calcaire et, à flanc de coteau, argilo-sableux. L'âge moyen des vignes est d'environ 30 ans et elles se composent à 50 % de merlot, 45 % de cabernet-franc et 5 % de cabernet-sauvignon.

Mais ce qui caractérise surtout le Château l'Angélus, c'est l'effort constant de faire mieux, que ce soit en respectant la tradition ou en adaptant les dernières trouvailles techniques. On recherche toujours le petit "plus" qui ajouterait encore à la qualité, déjà remarquable, de ce cru.

Les vignes sont labourées traditionnellement sans avoir recours aux désherbants chimiques. Selon le rendement potentiel, on "éclaircit" la récolte en juillet, coupant jusqu'à la moitié des grappes pour éviter une surproduction qui pourrait diluer la concentration du vin. Pour parfaire la maturation, on effeuille les vignes au niveau des grappes. Elles reçoivent ainsi pleinement le soleil et sont en même temps aérées, ce qui empêche toute possibilité de développement de foyers de pourriture.

Les vendanges, par cépage et par parcelle, sont entièrement manuelles, avec trie sur tapis roulant à l'entrée du chai. La fermentation, qui se passe en cuves inox sous contrôle des températures entre 30 et 33° pendant une semaine, est suivie de deux ou trois semaines de macération. Le vin est élevé en barriques de chêne, dont 60 à 100 % de neuves, pendant 10 à 18 mois et y fait, comme en Bourgogne, sa fermentation malolactique. C'est après celle-ci que se font les dégustations, avec Michel Rolland, le grand œnologue de la région, pour déterminer quelles cuvées seront retenues pour l'Angélus, qui sera élevé 12 mois en fûts d'un vin. Ces deux choses sont tout ce qui le distingue du grand vin.

Le Carillon de l'Angélus 90 est issu moitié-moitié, de merlot et cabernet-franc. Sa robe est rubis-grenat profond. Le nez est fin et complexe, aux arômes de cassis, pruneau, chocolat noir, café, réglisse, crayon taillé. En bouche, il est équilibré, frais et gras, avec une bonne matière et des tannins fins et peu serrés. Il est racé et long, un vrai petit Angélus.

L'exclusivité : Vins Guy Jeunemaître, Le Portmontain, 77114 Noyen-sur-Seine.


Comment le boire ?

Gardez-le encore deux ans en cave pour l'avoir en pleine forme. Servez-le ensuite à 16° après l'avoir ouvert une heure auparavant pour qu'il s'épanouisse (ou décantez-le). Il ira parfaitement sur volailles, gibiers légers, viandes blanches ou rouges, rôties ou grillées.