LUI A LA CAVE : Domaine de la Charmoise

Lui

Août 1979
LUI n° 187

Ce petit vin de base que vous cherchez… en vain, Lui l'a trouvé. Chaque mois, Lui vous donnera une bonne adresse. Celle d'un vigneron consciencieux, producteur d'un vin « intéressant » en rapport qualité-prix, prêt à boire (trois semaines après réception pour que le vin « se recompose » après son voyage). Pour prendre le relais du rosé du Var de juillet, Jon Winroth, chroniqueur œnologique de réputation internationale, a déniché pour vous un vin rouge de Touraine à boire frais… Les vacances continuent !

Il était une fois un jeune homme charmant qui s'appelait Henry Marionnet. Il avait une charmante femme brune. Ils vivaient avec leurs deux petits enfants dans une charmante maison entourée de vignes magiques qui produisaient un vin plein de charme. Et si je vous disais que leur propriété s'appelait le Domaine de la Charmoise, vous me répondriez que tout cela n'est qu'un conte de fée.

Conte de fée peut-être, mais alors les fées existent réellement, car il est certain que les Marionnet vivent sous le charme bénéfique d'une bonne fée. Ce sont des gens hospitaliers, généreux et d'esprit très ouvert. Henry Marionnet est d'un rare culture pour tout ce qui concerne le vin et il a la passion de sa culture. Il a reçu vingt hectares en succession – sa famille habite là depuis trois générations – mais c'est lui-même qui a porté le domaine à ses dimensions actuelles.

Il vit au milieu de ses vignes, trente-six hectares d'un seul tenant sur un sol composé d'argile, parsemé de cailloux et de sable de silex. Un tiers est planté en sauvignon blanc, mais les deux tiers sont voués à son vin préféré, le gamay rouge. La plupart de ses vignes sont relativement jeunes, guère plus de dix ans d'âge, mais cette jeunesse ne fait aucun tort à un vin… plein de jeunesse lui-même.

On parle souvent d'un goût de terroir dans les gamay de la Loire mais Marionnet s'oppose à cette notion et insiste sur le goût caractéristique du cépage acquis par de grands soins à la cueillette et une vinification en macération carbonique.

Les grappes sont déversées, sans égrappage ni foulage, directement dans les cuves déjà remplies de gaz carbonique, ce qui évite tout contact avec l'air. La fermentation commence à l'intérieur même des raisins. Cela donne le remarquable fruit que l'on retrouve plus tard dans le vin fini. Le vin reste léger, entre 11 et 11°5 en alcool, souvent avec un soupçon de gaz, qui loin d'être un défaut, et plutôt le garant de sa jeunesse et de sa fraîcheur hors pair. Le gamay doit toujours être bu frais, entre 10 et 12°, presque comme un vin blanc. Il peut aussi bien accompagner les poissons et les coquillages que les charcuteries et les viandes blanches ou rouges.